Publié le Dimanche 24 mai 2026 à 13:59:32
20 jours, 20 histoires : la finale de 1950 et l’humiliation face à l’Allemagne en 2014 pour le Brésil
À 18 jours de la Coupe du Monde, notre série consacrée à 20 histoires marquantes du tournoi s’arrête cette fois sur deux traumatismes devenus des drames nationaux au Brésil : le désastre du Maracana en 1950 et l’humiliation du Mineirao en 2014…
Le Brésil, référence mondiale du football et symbole du “Joga Bonito” (le beau jeu), fait partie des plus grandes nations de l’histoire de ce sport. Mais malgré cinq titres de champion du monde, deux traumatismes ont laissé des cicatrices encore plus profondes dans la mémoire collective du pays. Le premier est la tragédie du Maracana en 1950, le second l’une des plus grandes humiliations jamais vues sur un terrain : le désastre du Mineirao en 2014…
1950, le Maracana : la catastrophe nationale du Brésil
Le monde, encore marqué par la Seconde Guerre mondiale, tournait alors ses regards vers le Brésil.
Le gouvernement brésilien et toute la population voyaient ce tournoi comme une occasion de montrer au monde leur puissance et leur modernité. Le symbole le plus fort de cette ambition était le gigantesque stade du Maracana, construit à Rio de Janeiro et considéré à l’époque comme le plus grand stade du monde.
L’équipe hôte était la grande favorite de la compétition. Pourtant, ce dernier match allait devenir l’un des plus grands chocs de l’histoire du football.
Le format du tournoi était différent de celui d’aujourd’hui : il n’y avait pas de finale classique. Les quatre dernières équipes (Brésil, Uruguay, Espagne et Suède) disputaient une poule finale. Le Brésil arrivait à ce dernier rendez-vous après avoir écrasé la Suède 7-1 puis l’Espagne 6-1.
L’Uruguay, de son côté, avait concédé un nul contre l’Espagne avant de battre la Suède dans les dernières minutes. Pour être champion, la Celeste devait absolument battre le Brésil.
Une célébration commencée trop tôt
Le 16 juillet 1950, les rues de Rio vibraient déjà au rythme du carnaval avant même le coup d’envoi. Personne n’imaginait une victoire uruguayenne. La veille du match, le journal O Mundo avait publié une photo de l’équipe brésilienne en pleine page avec ce titre : “Voici les champions du monde !”
Cette euphorie prématurée et ce sentiment de relâchement avaient motivé les Uruguayens. Le capitaine légendaire Obdulio Varela avait acheté plusieurs exemplaires du journal, les avait étalés sur le sol de la salle de bain de l’hôtel et avait lancé à ses coéquipiers : “Crachez sur ces journaux. On va aller sur le terrain et battre ces hommes.” Un des échanges les plus agesssifs de l’histoire du football.
Le silence de 200 000 personnes
Le jour du match, le Maracana accueillait officiellement 173 850 spectateurs, mais certaines estimations évoquent plus de 200 000 personnes.
Le scénario semblait suivre le script attendu. Le Brésil attaquait, l’Uruguay résistait.
Au retour des vestiaires, Friaça ouvrait le score pour le Brésil et le Maracana explosait.
Mais à la 66e minute, Schiaffino égalisait pour l’Uruguay et un léger frisson parcourait les tribunes. Malgré tout, ce résultat suffisait encore au Brésil pour être champion.
Puis, à la 79e minute, survint l’un des instants les plus iconiques de l’histoire du football. Lancé sur le côté droit, Ghiggia profita d’un léger déplacement du gardien Barbosa pour glisser le ballon au premier poteau : 2-1.
En une seconde, plus de 200 000 personnes tombèrent dans un silence absolu. Une scène entrée pour toujours dans l’histoire du sport.
Des années plus tard, Ghiggia résumera ce moment avec une phrase devenue légendaire :
“Seules trois personnes ont réussi à faire taire le Maracana : Frank Sinatra, le pape Jean-Paul II et moi.”
Au coup de sifflet final, les Uruguayens exultaient tandis que le temps semblait s’être arrêté pour le Brésil. Certains supporters s’évanouissaient dans les tribunes, d’autres pleuraient sans retenue.
Les maillots blancs à col bleu portés lors de cette finale furent considérés comme maudits et abandonnés. En 1953, le journal Correio da Manha lança un concours pour créer une nouvelle tenue intégrant les couleurs du drapeau national. Le modèle gagnant, avec un maillot jaune aux détails verts, un short bleu et des chaussettes blanches, devint l’identité visuelle du Brésil. Cette tenue fut portée pour la première fois en mars 1954 contre le Chili.
Le gardien Barbosa, lui, resta pendant des décennies le bouc émissaire de cette défaite. Peu avant sa mort, il déclarait :
“Au Brésil, la peine maximale est de 30 ans. Moi, j’ai été puni pendant 50 ans pour un crime que je n’ai pas commis.”
2014, le Mineirao : le retour du fantôme 64 ans plus tard
En 2014, le Brésil accueillait à nouveau la Coupe du Monde avec l’objectif d’effacer définitivement les fantômes de 1950 et de triompher enfin à domicile.
La pression autour de la Seleçao était immense, bien plus forte que dans n’importe quel autre pays champion du monde.
Le président de la Fédération brésilienne de football de l’époque, Jose Maria Marin, aurait même déclaré avant le tournoi : “Si le Brésil ne gagne pas cette Coupe du Monde à domicile, nous irons tous en enfer.”
Un empire détruit en dix-huit minutes
Le 8 juillet 2014 restera comme l’une des nuits les plus cruelles de l’histoire du football.
Le Brésil abordait sa demi-finale contre l’Allemagne avec deux absences majeures : Neymar, victime d’une fracture d’une vertèbre lors du quart de finale contre la Colombie, et le capitaine Thiago Silva, suspendu.
Les Brésiliens avaient commencé la rencontre avec le maillot de Neymar dans les mains, sans imaginer qu’ils allaient être broyés par la machine allemande.
À la 11e minute, le score était déjà de 0-1. À la 29e, il était de 0-5.
Thomas Müller, Miroslav Klose, Toni Kroos (doublé) et Sami Khedira avaient complètement détruit la défense brésilienne.
En seconde période, Andre Schürrle ajoutait deux buts supplémentaires. Oscar sauvait l’honneur pour le Brésil : 7-1.
Mais même le tableau d’affichage ne suffisait pas à raconter ce qu’il venait de se passer.
Après le match, David Luiz s’était présenté en larmes devant les caméras pour demander pardon à tout un pays :
“Je voulais seulement rendre notre peuple heureux, lui redonner le sourire. Notre peuple souffre déjà énormément. Je demande pardon à tout le Brésil.”
Du côté allemand, Thomas Müller résumait lui aussi l’absurdité de la situation :
“Honnêtement, nous étions nous-mêmes sous le choc. À un moment en première période, ils se sont complètement effondrés et nous trouvions des espaces immenses à chaque récupération. Voir une équipe craquer ainsi à ce niveau, c’était incroyable.”
Le Brésil est peut-être la nation la plus titrée de l’histoire de la Coupe du Monde, mais ces deux tournois organisés à domicile lui ont laissé bien plus que des défaites : deux blessures éternelles, transmises de génération en génération et qui ne se refermeront probablement jamais.
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